Ajoutez une nouvelle corde à votre arc grâce au journalisme de solutions

Entretien avec Nina Fasciaux, représentante Europe de Solutions Journalism Network, un réseau mondial de journalistes qui promeut le journalisme de solutions. Elle animera pour M2i Formation Journalisme et Médias les sessions en présentiel et en distanciel pour vous initier ou approfondir votre pratique du journalisme de solutions.

 

M2i Formation : Pourquoi le journalisme de solutions est-il devenu incontournable ?

Nina Fasciaux : Covid-19, dérèglement climatique, pesticides, perturbateurs endocriniens… les sujets ne manquent pas pour illustrer une information anxiogène qui devient tellement insoutenable que les gens en décrochent. En France, selon le baromètre de confiance dans les médias publié par La Croix, en 2019, 4 Français sur 10 se détournent de l’information. Selon le Reuters Institute Digital News Report, la même année, 59% des gens qui évitent les infos le font parce qu’elles ont un impact négatif sur leur humeur ou qu’elles provoquent un sentiment d’impuissance face aux problèmes. Fortes de ce constat et en plein coeur de la pandémie, de nombreuses rédactions ont amorcé un virage significatif vers le journalisme de solutions, comme l’explique très bien cet article de la chercheuse Pauline Amiel, paru sur l’INA.fr.

Le journalisme de solutions, une couverture rigoureuse de réponses apportées aux problèmes, peut à la fois permettre de renouer avec l’audience mais également offrir une compréhension plus complète et équilibrée des défis auxquels nos sociétés font face.

 

M2i Formation : Pourriez-vous citer vos trois coups de cœur en matière de journalisme de solutions et nous expliquer pourquoi ces exemples sont importants pour vous ?

Nina Fasciaux : La rédaction de Médiacités, traditionnellement dédiée à l’investigation locale, a choisi de former ses rédacteurs au journalisme de solutions à l’automne 2018 et a lancé une rubrique dédiée, quelques mois plus tard. C’est en plein cœur de l’épidémie de Covid-19 que la rédaction a consulté son audience et tiré la conclusion que cette dernière souhaitait voir plus de contenus sur les réponses apportées à la crise. Cela a motivé l’équipe à amorcer un virage “solutions” dans sa couverture de la crise à l’échelle locale. À mon sens, le journalisme de solutions est le meilleur lorsqu’il est associé au travail traditionnel d’investigation.

Le Monde, notamment le département Planète, fait des efforts significatifs pour offrir à ses lecteurs les analyses des réponses apportées dans le monde, notamment sur le dérèglement climatique. Ce fut le cas, par exemple, lors de la COP24 en Pologne, lorsque la rédaction a lancé la série Comment Agir pour le Climat. Lors de l’épidémie de Covid-19, Le Monde a également publié un certain nombre de contenus solutions.

Enfin, dans un autre registre, la BBC a eu un temps une émission de radio appelée « My perfect Country ». Lors d’épisodes d’une vingtaine de minutes, les journalistes enquêtaient de manière parfaitement équilibrée sur la meilleure réponse possible apportée par un pays à une problématique : gestion des ouragans, combat contre les fausses informations, accès à la justice…

 

M2i Formation : Comment les lecteurs/lectrices perçoivent le journalisme de solutions ? A-t-il un impact mesurable ?

Nina Fasciaux : Dans une étude réalisée par Solutions Journalism Network, en partenariat avec l’Université du Texas, nous avons pu constater que lorsque l’audience a conscience que quelque chose peut être fait pour répondre à un problème, elle est plus réceptive et attentive à l’information. De nombreux retours de rédactions indiquent également une augmentation du partage des contenus sur les réseaux sociaux, un temps supérieur passé sur la page et une fidélisation de l’audience.

 

M2i Formation : Le journalisme de solutions est finalement une nouvelle corde à l’arc du journaliste, à quoi doit-il être vigilant avant de s’y frotter ?     

Nina Fasciaux : Le journalisme de solutions ne se substitue pas à la couverture médiatique des problèmes de nos sociétés, il la complète. Ainsi, explorer les solutions demande la même rigueur que le journalisme « traditionnel » et il est important de ne pas tomber dans les écueils de l’info positive, du publireportage, des bonnes nouvelles qui susciteraient la même méfiance et la même lassitude qu’une information uniquement anxiogène.

 

M2i Formation : Quelles sont les missions de l’organisme Solutions Journalism Network auxquelles vous êtes rattaché ?  

Nina Fasciaux : Basé à New-York, Solutions Journalism Network a une expérience de formation de plus de 200 rédactions et 15.000 journalistes aux États-Unis, en Europe et à travers le monde. Certaines de leurs réalisations les plus emblématiques ont révélé l’impact que le journalisme de solutions pouvait avoir à la fois en termes d’audience, mais aussi sur l’engagement du lecteur et sur les problèmes eux-mêmes. L’organisation encourage profondément le partage d’expériences entre professionnels et anime une communauté de milliers de journalistes à travers le monde.


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